.
{acf_vo_headline}

Le printemps ? À peine vu le printemps ! Il était pourtant là. Les plantes l’ont vu passer et en ont bien profité. Une véritable explosion de verdure et de couleurs. En quelques semaines. Pas douze. Six, huit peut-être, et les forêts avaient reverdi. Des perce-neiges aux tulipes, des jonquilles aux iris, des myosotis aux pensées, des lupins aux pivoines, des crocus aux rhododendrons, des lilas aux weigelas, sans oublier les pruniers et les pommiers. Tous ces artistes n’attendaient que le signal du metteur en scène suprême pour se déployer. Et si la météo printanière a déçu nombre d’entre nous par ses sursauts tous azimuts, elle a semblé combler les besoins de cette époustouflante végétation. Seule petite ombre au tableau, ce fabuleux réveil climatique a servi le règne végétal toutes plantes confondues, sans trop se soucier des préférences des jardiniers. C’est ainsi. Il faut prendre son plaisir où on le trouve ! D’autres vedettes leur succèderont. L’été attend son tour.

Le monde animal n’est pas en reste. Un couple d’écureuils roux s’est installé dans le voisinage et quatre infatigables rejetons ne cessent de se poursuivre, de grimper aux arbres, de sauter d’une branche à l’autre, de disparaitre dans la plate-bande de pivoines pour réapparaitre dans l’allée et s’engager précipitamment dans une chasse tantôt à deux, tantôt à trois remontant l’épinette pour en redescendre aussitôt et retourner explorer les hauteurs de l’érable. Ils courent, ils sautent, se dressent, font le guet, repartent aussitôt enchainant le pas de course et les bonds. Ils se découvrent et se mettent à l’épreuve, comme le font nos enfants, dans l’effervescence et l’insouciance.

Coyotes, renards, ratons laveurs, marmottes et moufettes ne sont pas en reste, du moins au vu de certains de leurs ravages dans le voisinage ! Les comportements des écureuils ne sont pas toujours amusants, mais ils entrainent plus rarement des problèmes de voisinage majeurs.

Il en va tout autrement des problèmes de voisinage entre humains. Je n’apprends rien à personne. Jusqu’ici, ma lecture des évènements guerriers récents, qui semblent à la fois s’envenimer et se multiplier, m’amenaient à penser que l’histoire de l’humanité était marquée par de grands cycles où alternaient temps de guerre et temps de paix. Qu’il fallait se faire à l’idée et qu’un jour viendrait où un climat de paix reviendrait. Mais quand ? Je ne vivrais sans doute pas assez vieux pour en être témoin. Comme pour le TGV Québec-Toronto ! J’étais bien conscient que cette lecture reposait sur une analyse « occidentale » de la politique mondiale et que, pour cette raison, elle était forcément biaisée et incomplète.

Dans mes excursions internet, je suis tombé par hasard sur une conférence d’un militaire français, Raphaël Chauvancy, qui m’a fait réfléchir. Sa thèse, en deux mots, est de considérer qu’il n’y a plus, comme jadis, de périodes d’alternance entre guerres et paix. L’humanité serait en constante situation de rivalités marquées non pas par une guerre, mais bien par de multiples conflits, militaires, économiques, commerciaux, communicationnels, et informationnels, aussi bien que par des tensions de voisinage ou de frontières. Il en résulte un climat d’affrontement permanent à motifs variables, les retombées économiques venant en tête, loin devant la quête de nouveaux territoires. Ces nouvelles guerres ne transgresseraient pas que les frontières géographiques. Israël pourrait bien être l’exception qui confirme la règle. Le cas de l’Ukraine en serait un d’amalgame, la Russie visant un gain territorial doublé d’un contrôle sur l’accès de l’Ukraine à la mer Noire.

En simplifiant, de deux choses l’une : ou bien l’humanité est engagée dans une énième période de guerre de territoire dont on ne saurait prédire la durée, ou bien elle est entrée dans une ère de confrontations permanentes dans une multitude de domaines. À moins que l’un n’empêche pas l’autre !

Cette lecture du belliqueux climat mondial actuel donne à penser qu’il n’y a rien de bien nouveau dans l’évolution des mœurs humaines. Tout au plus, sommes-nous en présence d’une nouvelle expression de l’instinct dominateur de l’homo sapiens qui prend trop souvent une forme destructrice et guerrière1. La dualité qui nous caractérise, entre l’instinct de domination d’une part, et l’instinct de protection d’autre part, prendrait une nouvelle forme, mais les forces en présence pourraient bien être fondamentalement les mêmes.

Mince consolation. D’autant plus mince qu’une conséquence non négligeable de la difficile quête d’équilibre entre ces deux pôles donne lieu à un inquiétant réchauffement climatique aux conséquences de plus en plus dramatiques.

Et pendant ce temps, on chipote sur la portée de l’AMM, l’aide médicale à mourir, sans trouver le moyen de bannir l’AMM, l’aide militaire à mourir ! Mais à part ça, madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien…

À Dieu vat ! Je compte bien malgré tout profiter de l’été. Sur ce, Douces canicules… et Bonnes vacances !

1 L’année 2025 a été la troisième plus meurtrière depuis la fin de la Guerre froide, avec environ 245 000 morts directement liées à des combats ou à des violences politiques, dont près de 76 500 imputées à des attaques visant directement des civils, contre 14 200 en 2024… Peace Research Institute. Oslo 2026. Conflict trends : A global overview, 1946-2025.

Lire la chronique précédente

Laisser un commentaire

Oui SVP, inscrivez-moi à l'infolettre du Val-Ouest pour recevoir un lien vers les nouveaux articles chaque semaine!

À lire aussi